Au sein de cet article, nous allons étudier les mécanismes psychologiques qui vous rendent pauvre!
Avec le dernier article, ‘Profitez de la psychologie des foules pour gagner’, nous avons vu que les comportements des personnes sur les marchés, que ce soit le marché immobilier ou les marchés financiers, étaient souvent irrationnels. Ce sont les émotions qui guident les opérateurs sur les marchés. En tant qu’investisseur qui sait ce qu’il fait, vous devez profiter de ces anomalies qui vont apparaître du fait d’une psychologie défaillante de la part des opérateurs sur les marchés. C’est là votre chance de gagner gros !
Et, puisque nous étudions la psychologie, il y a deux autres éléments, plus pernicieux, auxquels vous devez être prudents car nous y sommes tous fortement soumis.
Il s’agit de l’aversion à la perte et du biais de confirmation.
Des études menées dans les années 1970
Dans les années 1970, deux psychologues, Daniel KAHNEMAN et Amos TVERSKY vont réaliser des études sur la façon dont les sujets prennent des décisions risquées. On parle ici de risques financiers.
Ces deux psychologues vont inventer tout un tas de jeux auxquels des sujets seront invités à participer afin de comprendre le processus de décision d’un être humain censé et rationnel. Il s’agit là du fameux homo economicus c’est-à-dire un homme qui, selon cette théorie, va toujours prendre la décision la plus rationnelle possible et dans son propre intérêt économique, en fonction de toutes les informations qu’il a à sa disposition.
Mais, comme nous allons le voir, la réalité est un peu plus complexe que cela !
L’aversion à la perte
Pour vous donner un exemple des études mises en place par KAHNEMAN et TVERSKY, considérons le jeu suivant, inventé par leurs soins. L’expérience consistait à proposer deux solutions aux acteurs du jeu :
- Leur proposer, tout de suite et de façon certaine, un gain de 500$
- Leur proposer un jeu pour lequel les sujets auraient 50% de chances de gagner 1 000$ et 50% de chances de ne rien perdre
Les résultats de l’étude ont conclu que 84% des participants choisissent le gain certain de 500$. Alors même que le jeu proposé en choix n°2 aurait pu leur permettre de doubler leurs gains (50% de chances pour eux d’obtenir 1 000$).
Autre exemple, dans la même veine que le précédent : les participants d’une expérience préfèrent obtenir un gain certain de 800$ à un pari offrant 85% de chances de gagner 1 000$ et 15% de chances de ne rien perdre.
D’autres expériences semblables ont été mises en place par les deux psychologues et le résultat était toujours le même : les participants ne souhaitent pas prendre le risque d’obtenir un gain supérieur, moins certain, et se dirigent toujours vers le gain acquis, même si moins intéressant financièrement.
Perdre fait mal et gagner… ne fait pas autant de bien que ça!
Alors comment expliquer ces résultats ?
Probablement que la plupart d’entre vous auraient réalisé les mêmes choix que les participants. Je pense d’ailleurs que j’aurai également fait parti de la majorité qui ne préfère pas prendre de risque.
La théorie développée par les deux psychologues en charge de l’étude est que la perte d’un gain acquis est encaissée durement par le moral d’un sujet. Le bonheur ressenti par un participant qui a gagné une somme non certaine n’est pas proportionnel aux émotions négatives qu’il va expérimenter s’il perd un gain acquis !
En effet, imaginez que vous changez d’appartement (ou de voiture) et que vous upgradez votre niveau de vie. Par exemple, vous passez d’un T3 à une maison ou vous passez d’un véhicule vraiment pas sexy à une voiture de sport.
Au bout de combien de temps le bonheur suscité par ce nouveau train de vie va disparaître ? 1 mois ? 2 mois ? 3 mois maximum ?
Alors que si vous prenez l’exemple inverse et que vous passez d’une grande maison à un petit appartement, il est fort probable que vous soyez impacté négativement beaucoup plus longtemps par ce que vous considérerez comme un retour en arrière !
L’aversion à la perte, si négatif que ça?
Les conclusions de ces travaux avaient tendance à considérer cette aversion à la perte comme quelque chose de négatif. Dans le sens où les sujets étaient dominés par leurs émotions et n’étaient pas rationnels puisqu’ils auraient pu gagner beaucoup plus en faisant d’autre choix.
À mon sens, il ne faut pas considérer ce biais psychologique comme une mauvaise chose.
Tout d’abord, faire prospérer un patrimoine, c’est d’abord et en premier lieu, le protéger.
Warren BUFFET a eu cette phrase que je trouve géniale : La règle n° 1 est de ne jamais perdre d’argent. La règle n° 2 est de ne jamais oublier la règle n° 1.
Et, dans un second temps, il ne faut pas oublier que la valeur de l’argent va décroître au fur et à mesure que votre patrimoine s’accroît. Plus vous aurez d’argent et moins il deviendra votre priorité.
C’est alors que vous serez plus enclin à réaliser des paris, des coups car cela impactera beaucoup moins votre portefeuille.
Et si vous êtes déjà multimillionnaire et que l’argent reste la priorité n°1 pour vous, c’est que vous avez un sérieux problème et qu’il est temps de vous faire soigner !
Le biais de confirmation
Un second élément mis en exergue par KAHNEMAN et TVERSKY est le biais de confirmation. Et ce biais psychologique peut s’avérer bien plus dangereux, sur les marchés, que l’aversion à la perte.
En effet, ce biais de confirmation va vous pousser, inconsciemment, à rechercher tout ce qui pourrait valider vos convictions. Ce mécanisme est très présent sur les marchés financiers, comme dans la vie en générale, et va vous empêcher de questionner vos croyances.
Sur les marchés financiers, cela s’exprime de façon simple : l’opérateur, et malgré des signaux de marché extrêmement négatifs, va se convaincre du bien-fondé de l’achat d’une action et va la garder au sein de son portefeuille malgré de grosses pertes. Lorsqu’une action baisse fortement, les gens laissent courir leurs pertes au lieu de vendre. À contrario, lorsqu’une action performe, les opérateurs ont tendance à prendre leurs gains trop rapidement.
Se persuader envers et contre tout
Le dernier exemple en date le plus flagrant est sans doute celui des crypto-monnaies. Personne ne peut savoir ce que va faire cet actif et s’il va durer dans le temps ou non. Et, lors de la violente baisse du marché qui s’est produite fin 2021/début 2022, nombre de personnes dogmatiques et convaincues du bien-fondé de cette technologie, se sont persuadés que le cours des crypto-monnaies finirait par remonter. Mais à cela, personne ne peut en être sûr !
Ce biais de confirmation peut donc s’avérer dangereux et vous faire perdre beaucoup d’argent si vous n’y prenez pas garde. Car on ne va se focaliser, essentiellement, que sur ce qui confirme notre position et pas sur ce qui la remet en question. Il va vous pousser à chercher la moindre information qui va conforter votre point de vue. Occultant totalement le fait que, pour avoir du succès, un investisseur doit être le plus neutre possible et ne s’en tenir qu’à une seule chose : les chiffres !
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