Le flambeur et l’investisseur – Une histoire d’indépendance financière.
Tout le monde connaît ce type, ce gars.
Il semble avoir réussi…
Le flambeur
Il a un excellent poste dans une grande entreprise, il a des responsabilités et, surtout, il est respecté pour ses compétences. Il possède et vit dans une belle maison, il conduit un beau bolide de marque allemande et, lui et sa petite famille, partent tous les week-ends et toutes les vacances scolaires dans des destinations qui en font rêver plus d’un.
Lors des dîners entre amis, il est très sympa, au début, et a souvent une tendance à devenir agaçant au fur et à mesure des verres d’alcools qu’ils s’envoient dans le gosier. Il parle de plus en plus fort, il coupe la parole et il parle beaucoup (beaucoup) d’argent. Comme si ce sujet semblait être devenu le centre de son attention.
Mais on désire tous être ce genre de gars. C’est logique, c’est humain.
En réalité, c’est la personne la plus stressée que vous connaissez et il le vit mal, très mal.
Il le vit mal parce que, tous les matins, il se lève avec une boule au ventre pour aller faire un métier qu’il déteste. Un métier dans lequel son boss lui rappelle tous les jours que les objectifs ne sont pas atteints, qu’il faut en faire plus, toujours plus. Qu’il va devoir mettre fin à la période d’essai de ce petit jeune qui vient d’arriver dans l’entreprise et qui lui fait tellement penser à lui-même 20 ans plus tôt. Mais il va devoir lui annoncer qu’il ne pourra pas le garder parce qu’il ne correspond pas au « profil » de ce que recherche l’entreprise. Le problème, c’est que ce petit jeune, il est enthousiaste, il est joyeux, il aime créer du lien avec les autres mais, dans son entreprise, on aime pas ça.
D’ailleurs, il faut juste relever la tête pour bien se rendre compte que, dans l’open-space, tout le monde fait la gueule.
Il le vit mal parce qu’il est le principal « provider » du foyer, celui qui pourvoit aux besoins de la famille. Et comment expliquer à sa femme qu’il serait peut-être temps de faire une pause sur les week-ends et les vacances ? Comment lui expliquer qu’ils n’ont pas besoin de louer cette chambre à 600€ la nuit et qu’ils pourraient très bien se contenter de cette chambre à 150€ la nuit ?
Comment expliquer à son fils que l’école qu’il veut intégrer pour finir son parcours étudiant est un peu chère (surtout pour ce qu’il va y apprendre) ?
Le souci, c’est que sa famille s’est habituée à ce train de vie dispendieux. Et quand vous offrez un certain style de vie à quelqu’un, il est très, très difficile de revenir en arrière.
Il le sait, il se sent pris au piège.
Mais il ne voit qu’une solution : continuez à lécher les pompes de son boss, faire de plus en plus d’heures au travail pour justifier une certaine forme de productivité et espérer une certaine forme de reconnaissance, qui se matérialiserait sous forme d’augmentation…
Mais, il s’en doute bien, il va devoir continuer à subir ces attaques de panique qu’il ressent parfois, ces crises d’angoisse qui le prennent au beau milieu de la nuit. Il va devoir continuer à consommer de l’alcool le week-end et, de plus en plus, en soirées, pour pouvoir s’anesthésier et obtenir quelques moments de répits mentaux. Mais surtout, le plus terrible pour lui, il va devoir continuer à scruter l’horizon depuis la fenêtre de son bureau en attendant la retraite. C’est dans 20 ans…
L’investisseur
Et il y a cet autre type.
Vous n’aviez jamais vraiment pris le temps de discuter avec lui en soirée. Il faut dire qu’il est plus discret, il s’épanche moi. Il faut aussi dire qu’il ne vient pas aux soirées habillé comme s’il allait au couronnement de la dernière reine d’Angleterre. Et on ne peut pas dire que sa voiture fasse rêver. D’ailleurs, il vient de vous dire qu’elle a 235 000KM. Ça oui, ça se voit mec !
Mais quelque chose vous interpelle.
Il vous dit qu’il a quitté son job récemment mais il ne semble pas en être affecté outre mesure. D’ailleurs, il prend plutôt ça à la rigolade !!
Vous lui demandez ce qu’il s’est passé.
Il vous répond simplement que son patron lui a fait une remarque qui ne lui a pas plu, un matin en arrivant au travail, et qu’il s’est levé et a quitté son bureau pour ne plus jamais revenir.
Vous êtes stupéfait et quand vous lui demandez s’il arrivera à retrouver un boulot rapidement et aussi bien payé, il vous dit qu’il ne sait pas, qu’il n’y a pas encore réfléchi et que, pour l’instant, il en profite pour faire beaucoup de sport, démarrer ce projet qu’il a en tête depuis longtemps et profiter de sa femme, de ses enfants, de ses proches.
Il vous explique même qu’il ne pense pas retrouver un job dans son champ d’activités de compétences et qu’il va proposer ses services dans cette société pour laquelle il a toujours rêvé de travailler, même si c’est pour recommencer au bas de l’échelle.
Mais, en fait, pour le moment, il vous dit qu’il s’en fout, il se fixera plus tard, il a le choix !
Une dernière chose vous frappe, il a l’air extrêmement zen pour un mec qui se trouve au chômage depuis plusieurs mois.
Pourquoi ?
Pourquoi, dans une société ou tout le monde est programmé pour bosser jusque 64 ans désormais, ce gars peut s’offrir le luxe de se prendre plusieurs mois « off » ?
La réponse est : parce qu’il a une stratégie !
Cela fait 15 ans qu’il s’intéresse à l’investissement et à l’indépendance financière. Parce qu’il possède plusieurs appartements qui lui verse des loyers et plusieurs indices boursiers qui lui verse des dividendes chaque mois.
Aussi, il s’est serré la ceinture pendant plusieurs dizaines d’années, n’allouant jamais plus de 10% de ses revenus mensuels à des activités « plaisirs ».
Maintenant, il est tard mais, vous vous faîtes une promesse, lors de la prochaine soirée, vous irez directement voir ce type qui est parti de son boulot pour lui demander exactement les actions qu’il a mises en place et comment il a fait.
Et vous allez prendre des notes, vous n’êtes pas sûr de vouloir faire la même chose mais vous voulez, au moins, en savoir plus.
Les actions et les conséquences
La soirée se termine et le type à la berline allemande repars, une fois de plus, en titubant, complètement détruit par l’alcool et les cigarettes. Au volant de son engin, il klaxonne plusieurs fois, agitant la main à son carreau pour dire au revoir et démarrant en trombe, réveillant tous les voisins. Une fois de plus, il pense avoir fait bonne impression, avoir sauvé la face au milieu de tous les convives.
Le type a la voiture lambda repars de façon beaucoup plus sobre. Il faut dire qu’il n’a pas beaucoup bu, demain, il se lève tôt pour son footing. Et il a aussi parlé d’une formation qu’il veut absolument suivre. Bizarre !! De suivre une formation un dimanche…
Ces deux gars vous semblent vraiment sympathiques, vous aimez bien discuter avec les deux finalement même s’il y a en un qui est beaucoup plus fantasque que l’autre. Mais bon, il faut de tout pour faire un monde.
Ce dont vous ne vous doutez pas, c’est qu’il y en a un qui va beaucoup mieux dormir que l’autre…
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